Bonheur au travail: comment oser le bien-être?

Alors qu’une grande radio généraliste diffusait dernièrement l’interview du chief officer d’une start up parisienne décrivant avec beaucoup d’enthousiasme ses différentes actions pour intégrer et favoriser le bonheur de tous, le présentateur de l’émission finit en parlant d’angélisme.

Que doit-on en penser ?

La notion de bonheur est-elle réaliste dans le contexte d’entreprises où, chacun le sait, l’objectif est de réaliser des bénéfices ? La bonheur est-il réservé à ces startups à la mode qui créent des fonctions “d’agent du bonheur” ?

Bonheur au travail, de quoi parle-t-on ?

Nous sommes tous (et pas que les nouvelles génération) de plus en plus sensibles à l’importance de l’épanouissement personnel, dans notre vie privée bien sûr, mais aussi dans notre vie professionnelle.

Alors que pendant longtemps on ne faisait que rarement le lien entre bien-être et travail, nous sommes désormais nombreux à vouloir lier l’utile à l’agréable.

Consciente de cette tendance, des startups ont même mis au point des applications destinées à mesurer au quotidien le bien-être des membres d’une entreprise. Amusant, n’est ce pas ?

Il faut dire que l’industrie tech, Google en tête, a révolutionné la culture d’entreprise traditionnelle. Ainsi, « l’esprit start-up » – jean-t-shirt, baby-foot, salle de sieste et bon salaire – s’est imposé comme le pendant naturel des métiers du web, faisant de la décontraction une valeur désormais compatible avec la vie de bureau.

Mais cela suffit-il pour être heureux au travail ? La réponse est non.

Les ressorts du bonheur ne sont pas liés au matériel. Voici pourquoi,

Bonheur au travail : Un employé heureux est plus productif qu’un autre

Dans leur étude Happiness and Productivity, les chercheurs de l’Université de Warwick au Royaume-Uni dévoilent qu’un employé heureux au travail est 37 % plus productif qu’un autre. Shawn Anchor, auteur de The happiness Advantage, a quant à lui quantifié les bénéfices d’une entreprise « heureuse ».

Résultats ?  + 37% pour les ventes, + 31% pour la productivité et +19 % pour l’efficacité, sans compter les retombées sur la santé et la qualité de vie des employés.

Vous pensez peut-être que des locaux avec restaurants gratuits, salons de massage, ou encore cabinets médicaux, assurent une main d’oeuvre heureuse.

Et bien non.

Certes, Google a ouvert la voie avec ses locaux délirants : ses bureaux de Zurich par exemple avec toboggan intérieur.

Mais l’équation du bonheur n’est pas si simple.

Si de tels avantages sont très attractifs et font de bons arguments d’embauche, ils ne participent pas à l’amélioration des performances de l’entreprise.

D’ailleurs, Google souligne bien que la clé de son succès, c’est avant tout la passion, pas les conditions de travail avantageuses !

Bonheur au travail : et l’argent dans tout ça ?

L’être humain est incroyablement doué pour l’adaptation et s’accoutume à quasiment tout, le pire comme le meilleur. C’est ce que démontre la désormais classique étude de Philip Brickman, Dan Coates et Ronnie Janoff-Bulman de l’Université du Massachusetts. Parue en 1979, elle compare le bonheur de gagnants à la loterie à celui de survivants d’accidents de voitures devenus paraplégiques ou tétraplégiques.

Contre toute attente, aucune différence significative ne ressort, si ce n’est celle-ci : globalement, les gagnants à la loterie sont heureux de leur bonne fortune mais, au quotidien, ce sont les survivants qui apprécient le plus leur existence.

On le sait, l’argent ne fait pas le bonheur si l’on en a assez pour subvenir aux besoins de base. En fait, il rendrait plutôt triste : la pensée que, dans votre entreprise, d’autres employés gagnent plus que vous pour le même travail ne vous sape-t-elle pas le moral ?

Une étude de Princeton révèle même que les salariés les mieux payés sont en fait les plus tendus, et que leurs activités ne sont pas plus agréables que celles des autres.

Bonheur au travail, alors on fait comment ?

Finalement, le bonheur en entreprise, c’est assez simple: cela tiens au sens que l’on donne à son travail, aux relations humaines entretenues avec les autres et un peu quand même aux résultats d’une entreprise. Tous contribuent au bien être au travail.

Les études sur le sujet le corroborent, les avantages matériels ne sont rien sans véritable engagement entre l’entreprise et les employés.

Le bonheur au travail n’est possible que si l’équipe a le sentiment de contribuer à un projet qui a du sens. C’est l’importance de « l’accomplissement », qui assure la productivité, le corporatisme et le don de soi.

En d’autres termes : pour être heureux au travail, il vous faut accomplir une tâche dont l’intérêt est reconnu par vos pairs et par vous-même.

Pour conclure, vous l’aurez compris, le bonheur en entreprise nous semble largement applicable en entreprise à une condition : ne pas confondre la mission de l’entreprise et la façon dont elle la réalise. Alors, on commence quand ?

 A très bientôt !

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Stéphanie Martin-Prié, Experte Talent Management – E réputation, Attractivité, Fidélisation, Conduite du changement

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Intervient chez AnthéniA dans le cadre d’Audits, de Conseils, de Formations et de conférences.

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Stéphanie MARTIN-PRIE Spécialiste en conseil stratégique Experte en Gestion RH opérationnelle des Talents